A la dégustation… Deux Armagnacs. deux expressions du terroir… et un superbe souvenir de Stuttgart !
Lors de l’@armagnacfestival 2026 à Stuttgart j’ai eu le plaisir de rencontrer des passionnés allemands avec lesquels je partage cette curiosité et, surtout, cet enthousiasme un peu déraisonnable pour les vieux jus gascons. Sascha Junkert & l’équipe d’@armagnac.de, m’a ensuite envoyé deux échantillons de deux bouteilles très différentes, mais toutes aussi passionnantes.


Grape of the Art – Baron Gaston Legrand 1986
39 ans pour ce distillat de Baco et d’Ugni Blanc, produit dans le Bas Armagnac puis vieilli dans les chais à Cognac, chez Lhéraud. Fût #32 bien choisi pour la 30ème release de Grape of the Art.
Un nez ample et généreux: la pomme au four ouvre le bal, enveloppée d’un joli souffle fermier et d’un caramel intense. Quelques pruneaux apparaissent, ainsi que de beaux fruits mûrs. Une caresse sur le palais se dessine. Petit à petit, et en allant au fond du verre, une légère note de racine (ou peut-être une pointe d’astringence) se laisser apprivoiser. Les arômes les plus profonds se révèlent progressivement : cacao, figue, crème brûlée… L’Armagnac s’ouvre lentement et laisse se dessiner un véritable dessert liquide.
En bouche, voilà le gros jus qui fait saliver. La pomme, la poire et les fruits à noyaux se mêlent au caramel, dans une texture riche, dense et lourde (dans le bon sens du terme) sans basculer dans le sirupeux. Le boisé, patiné par le temps, s’est parfaitement fondu dans l’ensemble, il apporte de la profondeur.

Les 39 années de vieillissement sont bien présentes, dans les notes de cuir, de tabac et de caramel, mais l’équilibre entre le fruit et le bois demeure remarquablement juste.
À 47,1%, l’intensité est bien là, sans le moindre piquant déplacé. La puissance de l’armagnac est contenue dans un costume élégant. C’est exactement le genre d’équilibre que j’espère trouver dans un vieux fût.
Un jus exceptionnel (sous la barre des 140€, on ne peut rêver mieux).
LIEN (pas de sponso mais franchement, difficile de ne pas vous le proposer).
Domaine Couzard-Lassalle 2005, #R116, 49.5%
Une collaboration avec Shane Pearlman, qui a choisi avec l’équipe cette Folle Blanche de 20 ans, issue d’un domaine désormais fermé.
Le premier nez s’ouvre sur une corbeille de fruits jaunes : mirabelle, prunes vertes et fruits du verger. Quelques notes de bois verni viennent apporter une touche plus originale, accompagnées de légers accents de solvants, une petite singularité assez inattendue en Armagnac (pour ma part) mais plutôt réjouissante! L’ensemble possède un côté funky, vivant, soutenu par une fine trame tannique.
L’attaque explose, les fruits jaunes prennent le devant de la scène, rejoints par une vanille généreuse et une texture ronde, souple, presque crémeuse. Le bois est parfaitement intégré, tandis qu’un joli peps empêche l’ensemble de devenir trop pataud.
20 ans d’âge? Ils paraissent presque jeunes, tant le fruit conserve sa fraîcheur. Pourtant, la maturité est bien là, apportant de la douceur à ce fougueux profil.
Peu à peu, une dimension épicée gagne du terrain et vient donner d’avantage de relief à la dégustation. La vanille et le caramel jouent les rôles d’amants, s’étreignants dans une une finale élégante autour du joli trio – fruits mûrs, vanille/caramel et épices.

À 49,5% vol., ce Couzard-Lassalle affiche belle intensité. Sa maturation en cave plus humide semble avoir favorisé un profil élégant et rond, tout en laissant au bois une présence légèrement plus affirmée.
Un Armagnac à la fois fruité, épicé, gourmand et bien dessiné, qui illustre avec beaucoup de charme l’expression de la Folle Blanche – LIEN.
En bref, 2 jus bien différents avec leurs points forts et leur personnalité.
Dégustation d’armagnac : Grape of the Art – Baron Gaston Legrand 1986 et domaine Couzard-Lassalle 2005, merci à l’équipe d’Armagnac.DE, je me suis régalé !
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