Un mois de février bien chargé, et un débriefing qui a un peu tardé, toutes mes excuses les amis !
J‘ai eu le privilège d’être invité au Multi Verres Spirits, le premier salon multi-spiritueux de Lyon co-fondé par Nicolas Petit (Vagabond Spirits) et Marion De Candido (Takumi Spirit’). N’ayant jamais mis les pieds dans cette belle ville, j’ai bien entendu accepté et préparé mon sac à dos pour 2 belles journées de dégustation en bonne compagnie, et en petit comité !
Nous avions rendez-vous à l’Embarcadère, un bâtiment situé au bord de l’eau, vue sur les péniches. Spacieux, chaleureux, il a permis d’accueillir les 70+ exposants de cette première édition sans soucis.
En plus des commodités, un grand vestiaire à dispo, un sous-sol sympa pour les masterclass, un bar pour déguster quelques cocktails fraichement réalisés, et un food-truck dehors pour la restauration.



Jour 1 : Après un réveil à 4h du mat’, et un trajet en train, me voila arrivé au bord des quais où je retrouve le copain Thomas sur place – nous avons fait l’essentiel du salon à deux. A peine entrés, je récupère mon « ticket d’or » qui me permettra de déguster quelques cuvées bonus sur certains stand, et… je tombe sur Nicolas en pleine discussion avec celui qu’on ne présente plus, Justin (@le_bar_de_l_ours).
J’en profite pour glisser ici le lien vers sa vidéo de 30min où vous retrouverez un excellent récap du salon, et pourrez mieux vous rendre compte de l’endroit. Bien sûr, j’ai également quelques réels disponibles sur ma page insta.
Ca me paraissait un peu fort de lancer les hostilités et d’aller déguster la fameuse cuvée « SVN » de Vagabond Spirits d’entrée de jeu, alors j’ai jeté mon dévolu sur le stand du Toulouse Saké Club, et ses boissons japonaises plus légères.
L’occasion de découvrir un peu les sakés, dont je garde à la fois 2 très bon souvenirs :
Le « Zao Tokubetsu Junmai K » (15%): doux, fermenté (mais pas trop), et plusieurs portés des aromes de fruits tropicaux sympathiques.
Le « De Junpei 4 Koshu d’Antan » (2009, 45%, vieilli) : un peu plus corsé, avec des notes de miel et un vrai côté céréales.
Juste à côté, c’est Philippe (@phillwood_so_rhum) qui nous présentait les derniers nés de la Baie des Trésors :
Karakoli 2020 : gras, vanillé, plutôt porté sur l’amande. C’était bon, mais pas inoubliable, j’avoue qu’étant très fan de leur blanc je m’attendais à un petit truc en plus.
Brin d’Amour 2019 : une texture moins grasse, un nez un peu droit sur la canne, mais en bouche de belles notes d’orange, de caramel, et une finale sur le chocolat au lait. Plus probant !
Vagabond Spirits
L’une des attractions du salon, c’était évidemment le stand de Nicolas ! Et franchement je ne dis pas qu’il fait un super boulot parce qu’il m’a invité (j’ai déjà écrit sur ses produits dans d’autres articles), mais tout simplement parce qu’il présente des cuvées innovantes. C’est un homme qui expérimente mais ne fait pas de concession sur la qualité de ce qu’il propose, ni même des fûts qu’il utilise. La dégustation a été parsemée d’anecdotes croustillantes, et vérités sur les secrets de l’industrie du rhum, et d’enseignements. Un vrai plaisir de prendre le temps de déguster plusieurs cuvées.



White Pearls – Rum traditionnel de La Réunion – blanc, 48%, 5 mois d’élevage en amphore.
Un bon trad G, très fruité, sur la banane, qui sent bon les friandises pour enfant. C’est très frais, il y a également une bonne dose de menthol, et toujours ce côté acidulé qui revient. Très cool d’avoir pu gouter cette cuvée que j’ai à la maison (encore fermée), les daiquiris cet été vont être pépite !Harmony « MVS » – Guadeloupe 3 ans, finish 3 mois en fût d’ex-jurançon Lajibe – 52%.
A ma connaissance l’un des coups de coeur pour l’ensemble du public venu au salon. Je suis reparti avec une bouteille sans hésiter la moindre seconde.
Un né délirant de papaye, d’ananas rôti, une texture ultra grasse mais pas lourde, car la fraicheur du vin revient sans cesse, avec une petite acidité en fin de bouche. A 50€ les amis, WHAT ELSE ?!Utopia #2 – TDL 2008, Belize 2007, Calvados 20 ans – 53%.
De beaux fruits (poire en premier), une influence du Calvados non négligeable, le TDL ramène du peps. Il y a également des notes chocolatées très gourmande, qui ponctuent la finale. Gourmand.Silva « SVN 2003 » – 22 ans, 61.3%, finish de 4 mois en ex TDL 2008.
Le joyau de la collection, une distillerie facilement reconnaissable de La Réunion, aussi bien sur l’étiquette (sublimement réalisée par Arnaud @my_spirits_diary, inspiration Princesse Mononoke ) qu’une fois la bouteille ouverte.
Difficile de lui rendre justice dans un salon, c’est un rhum qui mériterait 1h de repos pour donner son plein potentiel, néanmoins : des fruits jaunes, de la pêche, du thé, une puissance contenue par la cire d’abeille. La bouche est onctueuse à souhait, bien olivée, boisée. La longue finale montre un beau cuir, mais aussi une petite pointe d’astringence. J’espère avoir l’occasion de le regoûter au calme un jour ! Avis aux généreux donateurs, mon anniversaire c’est le 24 avril.

The Exchange Platform : la plateforme pour les collectionneurs et les investisseurs ?
Découvert il y a peu sur les réseaux, et déjà très actif, j’ai passé un peu de temps au stand de l’entreprise co-fondée par @caierspirits. Voici un petit descriptif de ce qu’il propose :
The Exchange Platform (TEP) est une plateforme française innovante dédiée à l’achat, vente, stockage de spiritueux d’exception. Conçue pour les passionnés, collectionneurs, investisseurs, professionnels et amateurs éclairés, elle offre un environnement sécurisé, transparent et optimisé pour chaque transaction.



Fonctionnalités clés :
- Sécurité des transactions : Grâce à l’intégration de Mangopay, une solution de paiement de confiance, TEP prend en charge plusieurs méthodes de règlement, notamment Mastercard, Visa, American Express, PayPal et le virement bancaire, garantissant ainsi des échanges fluides et protégés.
- Carnet d’ordres intuitif : Les utilisateurs ont accès à un carnet d’ordres interactif leur permettant de consulter et d’exécuter des transactions sur une sélection de bouteilles rares et recherchées, favorisant une mise en relation directe entre acheteurs et vendeurs.
- Option exclusive de « block trade » : Cette fonctionnalité unique sécurise les transactions conclues en dehors de la plateforme en protégeant à la fois l’acheteur et le vendeur jusqu’à la finalisation complète de l’échange, ajoutant ainsi une couche supplémentaire de confiance.
- Données de marché fiables et analytiques avancées : TEP compile les prix issus de plus de 70 sources de référence, offrant une vue d’ensemble détaillée et précise sur l’évolution du marché des spiritueux. Les utilisateurs bénéficient ainsi d’analyses approfondies pour affiner leurs décisions d’achat/vente.
- Contenu exclusif et événements dédiés : La plateforme propose un fil d’actualité spécialisé, des analyses et critiques d’experts, ainsi qu’un calendrier des événements et salons incontournables du secteur des spiritueux. Un véritable écosystème dynamique où passionnés et professionnels peuvent échanger, découvrir et s’informer.
- Portefeuille intelligent et personnalisé : TEP permet aux utilisateurs de gérer et suivre leur collection de spiritueux grâce à un portefeuille digital intuitif. Ils bénéficient d’analyses détaillées, d’une valorisation en temps réel et d’un suivi précis de l’évolution de leurs actifs.
Bref, vous l’aurez compris, on va beaucoup plus loin que sur RumLoop, on sécurise, et on est beaucoup moins cher que sur RumAuctioneer etc. Je vais m’y essayer un de ces jours – déjà parce que je suis un geek, et que c’est un projet informatique complet et technique – mais aussi parce que j’ai eu l’opportunité de passer du temps en soirée avec l’équipe derrière ce projet, vraiment sympathique. Assez enthousiaste qu’un acteur français s’engage sur ce marché !



Mais ce n’était pas la promo de la plateforme qui primait sur ce stand, il y avait un line-up de folie, avec du rhum, mais aussi du whisky, du bourbon, de la tequila…
Marie-Louise – rhum blanc, Guadeloupe, 2024, 56% : superbe blanc, l’un des meilleurs que j’ai dégusté venant de la Guadeloupe tout simplement. Certes, cher, mais très bon. De belles notes de canne, de citron, de fleurs, de poire.
Rum Runner 2010, 13 ans – République Dominicaine, 61.7% : ultra gourmand, beurré, alcool superbement intégré.
Nobilis n°19 – Ecuador 2005, 17 ans – 69% : la claque totale pour moi. Dans mon top 5 du salon sans hésiter, j’avoue ne pas comprendre les notes RumX actuelles. Chocolat, épices, gomme, caramel, et évidemment un bon coup de fouet – mais sans être alcooleux. Longueur extraordinaire.
Savanna OneRum 2024, 51% : ce rhum en ex-fûts de cognac jusqu’ici disponible uniquement à La Réunion est un bon représentant de ce que fait de mieux Savanna pour moi : fruits, bois ciré, notes d’olives, légers esters.
Vodka et alcool grec
S’il y a bien un stand qu’on ne pensait pas faire mais qui a nous a fait bonne impression avec le copain Thomas, c’est bien Royal Mash la vodka « ultra premium & vintage » produite au Royaume-Uni avec les pommes de terre d’origine controlée « Royal Jersey ».

Quand on pense vodka, à part quelques versions vieillies en fût plus travaillées, on pense surtout alcool de bourrin, peu de saveurs, bref, ça fait pas rêver. Mais alors quelle surprise lorsque celle-ci se présente, toute en douceur, avec une texture bien grasse (due à la seule distillation réalisée), des petites notes anisées (à mon souvenir). Une belle réussite, une hôte so british’ généreuse en goodies, bref, très cool !
Egalement présente sur le stand, Eva (@evaroudil) commerciale pour Royal Mash nous présente autre chose, avec Axia, un alcool venu de Grèce. Il s’agit d’un liqueur de mastiha est élaborée sur l’ile de Chios, à base de résine d’arbre (récoltée en « larmes » coulant de l’écorce et séchant au soleil). Un vrai côté rustique et boisé, qui sent bon le sapin, et qui s’est révélé très agréable avec un tonic pamplemousse. Une bonne boisson d’été pour changer du spritz ?
Kaiyō, enfin un whisky Japonais qui me plait !
Le RDV était pris avec Louis (@lou_ctn14) pour un tour complet du propriétaire. J’avoue que le whisky japonais c’est bon, mais ça manque souvent de prise de risque je trouve, et ça a du mal à me bouger. Mais là, force est de constater que j’ai trouvé de quoi me faire changer d’avis !
Merci à Louis pour sa gentillesse et le temps passé sur le stand, on est régalé.



Mizunara Oak, 43% : miel, épices, agréable, un peu classique malgré tout.
The Kuri, 46% : très gourmand aussi, avec des notes de goyaves, de pêche blanche.
Mizunara Oak, 53% : Plus boisé, des notes de bois de santal, d’orange, de thé noir, de banane.. Superbe !
10 ans, The RYE : Mon coup de coeur, même si le choix était difficile. Chocolat au lait, gingembre, seigle bien sûr, mais également de belles notes de poivre, d’épices, de noix grillées. Complet, complexe.
10 ans, The UNICORN; 46% : vanille, noisette, belle longueur.
The Peated, 46% : un fumé assez subtil, une tourbe médicinale, herbacée, de la gomme.
Très réussi.
Le Passeur d’armagnacs
Je ne connaissais pas du tout Romain, ce passeur d’armagnacs qui semble être très en vue dernièrement, et force est de constater qu’on comprend vite pourquoi. Personnage sympathique, design simple mais efficace, belles cuvées… « Armagnac is the new cool » nous dit-il. Franchement, c’est bien vrai.


Lascabanes 71/79, Ténarèze, Ugni Blanc – 71% : on démarre fort sur le papier j’étais pas trop sûr de moi avec cette blanche à haut degré. En réalité c’était très bon, des aromes primaires de fleurs, de poire. C’est frais, surprenant et agréable.
Saint Martin 1992, fût 90, Bas Armagnac, Baco – 54.7% : « il plait souvent aux amateurs de rhum » parait-il. J’avoue que j’ai retrouvé de beaux fruits, un rancio qui peut faire penser à de très très vieux agricoles, mais globalement pas mon coup de coeur.
Pébèrère 1985, fût 208, Ténarèze, Ugni Blanc & Baco – 46.7% : mon petit chouchou ! fraicheur, fruits exotique, menthol. On est pile sur ce que j’aime =)
Pébèrère 1973, fût 215, Ténarèze, Ugni Blanc & Baco – 49.9% : sous-bois, cuirs, cacao très prononcés mais plaisant, malgré une finale longue mais un peu trop chargée en bois à mon gout.
A surveiller cette affaire =)
Vous prendrez votre dose de France !
On termine la journée avec De Michellot, et l’immanquable Yoann (@dosedefrance) et ses fameuses liqueurs… et les cuvées Maquisards ! C’était aussi l’occasion de rattraper mon retard car le copain du Rhum Club Lille (Arnaud, @drrhumantique) m’en parlait depuis des mois… honte sur moi, tout était fort goûtu, bien présenté, avec le sourire et quelques blagues franchouillardes de fin de salon, un super moment !
DE MICHELLOT
Gentiane : le porte-étendard herbacé et amer à souhait n’attend plus qu’à repartir avec son trophée ! L’orange et le gingembre bien dosés lui donne vraiment des aromes agréables.Menthe : un menthe bien frâiche sans être glaciale, des notes poivrées sympa, un sucre bien maitrisé.
Génépi : toujours pas fan pour ma part, la sauge est là, d’autres plantes également, mais je ne m’y fais pas.
Verveine : de légères notes de menthe qui accompagnent la petite tisane pour vos soirées d’hiver. Surement mon préféré du lot.
MAQUISARDS
Cognac Grande Champagne BIO Cuvée ORIGINE 40% : de mémoire c’est un cognac Pasquet embouteillé il y a quelques temps. Je l’ai trouvé jeune mais expressif, évidemment très fruité.Cognac Borderies J-L Pasquet Lot 30.A 51,3% : fleurs, agrumes, et léger poivre. La fin de salon se fait un peu sentir, mes notes sont un peu moins précises, mais j’ai vraiment apprécié.
Bas-Armagnac Dartigalongue 2007 45% : Mon coup de coeur sans hésiter, fruits jaunes, caramel, boisé maitrisé, légers épices. C’est gourmand, complexe, et la finale est superbe !



Alors la soirée aurait pu se terminer là, mais il s’avère qu’à côté de Yoann se trouvait Salim, l’un de ses amis au sourire accrocheur, prêt à dégainer du lourd avec sa marque de whisky « WITL » : Whisky Is The Limit.
Je m’étais fait un point d’honneur à y repasser du dimanche, car le Ledaig 11 ans fût de Marsala à 53.3% qu’il m’a servit était tout simplement stratosphérique (dans mon souvenir). Tourbe maritime, citron, épices, tourbe, tourbe, tourbe et retourbe. J’ai été obligé de changer mon verre le lendemain matin car ne l’ayant pas lavé l’odeur ne s’en allait tout simplement plus.
Chapeau Salim, j’espère qu’on se recroiser très bientôt pour découvrir le reste de ton travail !
Partie 2 du debrief : c’est par ici
Multi Verres Spirits à Lyon, le récap d’une belle aventure – 1ère partie.
THE JACK DROP – LE BLOG QUI PARLE DE RHUM, MEZCAL & AUTRES SPIRITUEUX – BASÉ À LILLE
Une première journée riche en cuvées et en émotions.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
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