Cascahuín Takeover Amsterdam ! Masterclass & cocktails.

Amsterdam, 15 juillet 2025 : une date qui restera gravée dans l’histoire de la Tequila en Europe. En effet, Salvador « Chava » Rosales Torres (Maestro Tequilero) visage emblématique de la tequila Cascahuín, posait ses valises en Europe pour mettre en valeur le savoir-faire familial qui caractérise ses produits.

Une masterclass de 2h à Sonora, 6 cuvées dégustées, puis une soirée folle au Flying Dutchmen Cocktails & Belly of the Beast , où les meilleurs bartenders des 4 coins de la ville se sont challengés pour travailler toute la gamme, de la plus belle des manières.

Un remerciement particulier à Gaudéricq & Ruud, de Succulent Spirits, qui importe ces magnifiques pépites mexicaines (portfolio qui inclut également du gin, du rhum…), et qui m’ont permis de vivre ce moment. Pour plus d’info sur leurs produits et leur disponibilités en France, n’hésitez pas à me/les contacter !

Je vous raconte tout ça, tel que je l’ai vécu : l’une des plus belles journées de ma vie en tant que passionné d’agaves. Pour un petit récap vidéo, n’hésitez pas à consulter mon récap Insta également (lien).


Décollage à 8h de Lille, 3h de route fluide jusqu’à Amsterdam, un petit sandwich, et me voila au pied d’un bâtiment singulier, le Hotel nhow Amsterdam RAI, dont 24 étage héberge le bar Sonora (insta), endroit bien stylé, avec une belle vue sur la ville.

Gaudéricq attend patiemment les invités aux côté de Rudi (insta), qui représentera également Sonora lors de la soirée cocktail : le gars sait tout faire, il a l’oeil, le palais, il est présent sur tous les fronts, et avec le sourire, impressionnant ! Le public est essentiellement composé de barman et d’autres passionnés, l’atmosphère est à la fois détendue & studieuse, beaucoup de personnes ont pris leur cahier de notes. A mes côtés Stefano (insta), un italien (le hasard fait bien les choses, vous connaissez mon amour pour l’Italie), qui vient de débarquer à Amsterdam, passionné de cocktails, avec qui échanger les avis. Bien entendu, l’homme du jour arrive…

Chava – c’est le surnom par lequel il aime être appelé – va nous présenter durant 45min le travail de sa famille, depuis 1904, avant que nous passions aux dégustations. Voici en synthèse, ce que j’en ai retenu (en complément de ce que je savais déjà, puisque Cascahuín était déjà dans mon top Tequila pour bien débuter).


120 ans d’Histoire

Depuis 1904, la famille Rosales fabrique du Vino de Mezcal (le nom de Tequila ne sera donné que plus tard, plus d’infos dans ma série Mexican Trip), dans la petite taberna d’El Arenal, Jalisco.

En 1955, la distillerie « El Cascahuín » est construite par le grand-père de Chava. Elle tire son nom du mot préhispanique qui signifie « Fête sur la colline ou colline de lumière », représentant la plus haute colline de la ville d’El Arenal. Une affaire de famille qui débute, autour de 2 fours en brique, de cuves en ciment, et d’un alambic en cuivre.

En 1980, elle est un peu modernisée, intégrant deux fours supplémentaires, quelques cuves inox, et un moulin de broyage, qui viendra suppléer l’ancestrale Tahona (meule de pierre) toujours utilisée à ce jour – une tequila que je vous conseille fortement de gouter d’ailleurs, la meilleure expérience de dégustation que j’ai eu.

En 2015, Chava y revient après ses études, et s’y inscrit comme un Maestro Tequilero, authentique. Il réintègre d’anciens procédés de fabrication, veut se rapprocher du goût que pouvait avoir la tequila de son grand père à l’époque, allant jusqu’à expérimenter avec la marque Siembra Valles, une tequila « ancestrale », dont les agaves sont cuites dans une fosse en pierre, à l’instar du Mezcal. Mais il innove également, au côté de son frère et de sa/ses soeurs, comme avec la Plata 48%, embouteillée au degré de sortie de l’alambic.

Une histoire de famille racontée avec le sourire aux lèvres, une certaine tranquillité. Le discours est fluide, posé (bien qu’en anglais, pas toujours évident), et authentique. Après tout, quand on ne triche pas, et qu’on est transparent, tout est simple à expliquer non ? J’ai particulièrement apprécié l’Homme. Surement épuisé d’un long voyage, toujours prêt à répondre aux questions, même tard dans la nuit. Il est vraiment engagé dans ce projet familial, et l’équilibre entre authenticité & innovation qu’il peut apporter au monde de la Tequila.


Production « transparente, sans secrets ».

La distillerie située dans la vallée, autour de 1450m au dessus du niveau de la mer, est sujette à un climat semi-aride, un sol fertile abritant chênes, épineux, et autres figuiers – on est loin du cliché du désert Mexicain.

Chava & ses équipes y produisent donc leur propre Tequila Cascahuín, mais également d’autres marques, listées sous le NOM #1123 (matricule légal). Vous pouvez trouver la liste de des marques qu’ils produisent sur tequilamatchmaker (un site & une app incontournable pour découvrir et noter vos dégustations de Tequila).
Pour information, une centaine de travailleurs œuvrent chaque jour pour produire nos tequila préférées !

Crédit : Los Convidados

En somme, la chaine de production de Cascahuín :

  • Des agaves matures (tequilana weber, bleu – comme l’oblige la dénomination)
  • La cuisson dans les 4 fours en pierre mis en place par les générations précédentes
    • 8 à 11kg d’agaves cuits permettront d’obtenir 1L de tequila
    • Les fours à vapeur ne cuisent qu’à 95° environ, durant 25-30h
    • Les pinas (coeurs d’agaves) répondent 1 journée supplémentaire dans le four, permettant à leurs sucres (aussi appelé miel) de se concentrer. La couleur des pinas cuites est superbe !
  • Le broyage avec un moulin à rouleaux la plupart du temps, mais également parfois avec l’ancestrale Tahona (mécanisée ici, on n’utilise plus de chevaux pour faire tourner la grosse pierre volcanique).
  • La fermentation naturelle durant 3 à 5 jours du « mostro » (le mout) dans des cuves en pierre/béton, ou dans des cuves inox. Les cuves béton sont légèrement poreuses, et donc produisent des saveurs légèrement différentes au fil des années, alors que les cuves inox permettent un process plus maitrisé.
    • On dit qu’il est « fresco » en début de processus, et « muerto » à la fin
    • Obtention d’une vin autour de 5% d’alc.
    • La bagasse (fibres d’agaves) peut être ajoutée à la fermentation, ou pas. C’est un choix propre à chaque produit, donnant des profils différents. Avec fibres, la texture peut paraitre un peu plus ronde, les saveurs un peu plus rustiques (en résumé).
  • Une première distillation appelée « Destrozador » dans un alambic en acier avec serpentin en cuivre, permettant d’obtenir un « Ordinario » autour de 24-30% d’alc. Et une seconde dans un plus petit alambic en tout en cuivre.
    • Une méthode de fabrication qui permet un bon équilibre production / aromes.
Crédit : Los Convidados

Soit on embouteille à haut degrés (48%) sans ajout d’eau, soit une dilution est effectuée (à l’eau de source).
Eventuellement, un vieillissement peut être réalisé, généralement dans des fûts ex-bourbon, puis dans les « pipones » de la distillerie, qui sont la depuis plus de 60 ans, permettant d’ajouter quelques aromes typiques, stabiliser le produit, et donner une certaine signature aromatique.

Vous l’aurez compris, Chava & les équipes créent des Tequila telles que l’auraient fait son grand-père, ayant peu modernisé la chaine de production, mais restant un minimum compétitif face aux géants de l’industrie.


Notes de dégustations

Mes notes sont personnelles et issues de la dégustation en live.

Cascahuín – Blanco, 40%
Extraction au moulin, 70% fermentation en inox + 30% en cuve ciment, 40% d’alc (en Europe, au Mexique 38%).

Nez
Beaucoup d’agaves cuits, légère minéralité, légère vanille, un côté assez soft au nez, et un peu de citron vert.

Bouche
Une belle attaque tout de même pour 40%, toujours ces notes d’agaves cuits, le citron vert revient au devant de la scène au milieu de notes herbacées, et une légère amertume se dégage en fin de bouche.

C’est frais, de belles notes d’agrumes, ca attaque.. efficace en cocktail sans aucun doute !

Cascahuín – Tahona 42%
Extraction à la Tahona, 100% de la fermentation en cuve en ciment, avec fibres d’agaves.
Une dégustation facile pour moi, c’est l’une de mes tequilas préférées ! Je vous la conseillais récemment sur ma page instagram à travers mes bouteilles « pour bien débuter ».

Nez : agaves cuits, légèrement lacté, légère menthe, un côté fermenté qui pourrait rappelé la banane de certains rhum jamaïcains, et de superbes notes de beurre et de biscuit. Superbe !

Bouche : plus ample, herbacée, la petite note fraiche de menthe est toujours là, et un côté presque anisé présent en arrière plan. Une touche de pierre volcanique, et une légère astringence qui donnent envie d’y revenir.

Finale : presque lactique, légèrement poivrée, des notes fines de poivrons, et de menthe.

En bref, ma préférée, tout simplement. Une vraie tequila de dégustation.
On s’amuse à y découvrir de nouvelles choses à chaque dégustation !

Cascahuín – Plata 48%
Extraction au moulin, 100% de la fermentation en cuve en ciment, avec fibres d’agaves, sans dillution.

Un nez un peu plus fermé au premier abord, il faut aller chercher un côté noisette torréfiée et un chouillat de chocolat au lait dans le fond du verre.

En bouche par contre, c’est plus expressif, miel, noisette, légère menthe, poivre plus présent que sur le reste de la gamme. L’alcool se ressent un peu, sans être choquant.

Finale un peu sèche, entre miel & poivre.

Une expression intéressante, moins équilibrée, plus poivrée.

NB : à titre indicatif, j’en ai descendu une bouteille il y a 3 jours dans des margaritas avec les copains, ca envoie comme il faut !

Cascahuín – Reposado 40%
Extraction au moulin, 70% fermentation en inox + 30% en cuve ciment, 6 à 8 mois en fûts de chêne américain.

Nez : agave, miel, vanille – sans excès – nuancé par un côté sec, minéral, un voile de bois.

Bouche : sur la même trame, avec un léger côté cuir.

Finale : légère sur le poivre & le miel.

Pas forcément conquis par ce reposado, qui m’a semblé un peu timide dans le fond.

Cascahuín – Anejo
(J’ai pas noté les specs)

Au nez, le caramel est là, avec des petites notes salées bienvenues.

En bouche : des notes agréables de miel, caramel, une touche salée, et tout de même une certaine minéralité.

Finale très orientée caramel au beurre, et léger retour du poivre.

Très simple à déguster, sans complexité particulière, à mon avis un très bon pas vers l’anejo pour les débutants, et un plaisir simple pour les amateurs !

Cascahuín – Extra Anejo 43%
Extraction au moulin, 70% fermentation en inox + 30% en cuve ciment, 48 mois en fûts de chêne américain.

Nez : beaucoup plus expressif, chargé de fruits mûrs, de notes de thé, d’un côté fumé, d’orange amère.

La bouche et la finale suivent cette trajectoire, ajoutant des notes de caramel, et quelques tanins. La texture est évidemment plus grasse, plus épaisse, très agréable.

Un vrai voyage : plus de 16 ans entre la maturation de l’agave et le vieillissement, qui démontrent un beau savoir-faire !

Une belle gamme qui saura à mon sens, contenter les bartenders, les amateurs, et les plus avancés, selon leurs envies. Je retiens particulièrement la Tahona et l’Extra Anejo (d’habitude c’est moins mon truc, je préfère que les notes d’agaves restent présentes, mais là.. c’est vraiment très bon).

Merci à Chava et toutes les équipes pour ce superbe moment à Sonora !


Visite d’Amsterdam & passage chez Cane and Grain

4h de balade au travers des superbes rues d’Amsterdam, le long des petits canaux typiques. Même lorsqu’on vient tous les ans, on ne reste pas insensible à cette ville ultra active, bien piétonnisée, à ses petites barques sur l’eau et…. attention aux vélos les amis, ici ça roule vite, il faut rester vigilant lorsqu’on croise les grands axes.

Une boutique avait retenu mon attention en ligne, Cane and Grain (lien), non loin de mon appartement (le hasard fait bien les choses), je décide donc d’aller jeter un coup d’oeil.

Un superbe mur de spiritueux, whisky à gauche, rhums au fond, agaves & autres liqueurs sur la droite. Faisant le tour du propriétaire j’ai évidemment pu goûter quelques nectars, dont un très beau mezcal Derrumbes Salmania (à venir dans ma vidéo « top mezcal pour débuter »), et 2 Railcilla de la marque emblématique « La Venenoza »… Bien entendu je ne suis pas rentré les mains vides à Lille, cette « 100% Agave Cenizo Gigante » (étiquette rouge) a rejoint la cave sans hésitation !


Soirée Cascahuín au Flying Dutchmen Cocktails

WOW. L’ambiance était folle au Flying Dutchmen & Belly of the Beast bar (lien) !
Les barmans étaient accompagnés des équipes de Tula Cantina, Sins of Sal, Cue, Masa, Fitz’s Bar
et The Tailor pour nous faire déguster chaque expression de Cascahuín à travers des cocktails tous plus inventifs et barrés les uns que les autres.
Aux petits soins malgré la foule, et une grosse ambiance, le 22h-04h du matin a semblé passer en une fraction de seconde, le bar ne s’est jamais vidé, et les bouteilles ont défilé sous les yeux de Chava et Gaudéricq.
Une soirée mémorable, surement la meilleure passée au bar, à déguster les meilleurs cocktails et discuter avec tous les passionnés venus assister à l’évènement. Un grand merci à tous pour ce super moment !

Quelques exemples de cocktails que j’ai particulièrement apprécié :
Tula : Café Con Piquete : Liqueur de café Tula – Cascahuín Blanco – Verveine – Amaro – Tonique Tula.
CUE : Cascahuín Reposado, Campari – Pastèque et soda à l’aneth – Mélange de sel Dashi.
Belly of the Beast : Pepper Pig : Cascahuín Blanco – Vermouth Longitude Paramaribo – Sirop de poivron rouge – Jus de citron – Amers de céleri.
Sins of Sal : MARGARITA FLIP-FLOP : Cascahuín Blanco : Melon Nucléaire – Hoja Santa – Oseille.
The Tailor : Cheeky Chico : Cascahuín Reposado, Citronnelle grillée et jasmin, Vin réduit, Amers au chocolat, Parfum de noix de coco et de tonka.
La liste n’est pas exhaustive, mais ça vous donne un aperçu !

Autant vous dire que les bars de qualité ne manquent pas à Amsterdam, et que j’ai hâte d’y retourner pour aller tester chacun d’entre eux. Passage obligatoire au Flying Dutchmen Cocktails si vous êtes dans le coin, foncez !


La belle équipe réunie autour de la masterclass Cascahuín à Sonora – crédit Succulent Spirits

Il m’a fallut 15 jours pour digérer et écrire cet article, tellement ces 24h à Amsterdam furent riches en émotions, et en enseignement. Ce voyage m’a permis de conforter mon avis sur les excellentes Tequila Cascahuín, et sur le lien fort qui unit les équipes de Succulent Spirits aux producteurs qui leur font confiance. Au delà de ça, j’ai particulièrement apprécié les invités, tous très pros, passionnés, ça fait plaisir de se sentir à la maison, même dans un autre pays !

Tequila Cascahuín prend le contrôle d’Amsterdam à travers 24h de folie, entre masterclass, cocktails, et discussions entre passionnés. Un voyage exceptionnel qui invite à revenir (encore) plus souvent aux Pays-Bas.
Merci à Chava & Gaudéricq & aux équipes d’avoir fait de cette journée une vraie célébration !

THE JACK DROP – LE BLOG QUI PARLE DE RHUM, AGAVES & AUTRES SPIRITUEUX – BASÉ À LILLE

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