Masterclass Chantal Comte !

La grande dame du rhum avait fait le déplacement, une masterclass rare et intimiste que j’ai pu suivre de près avec d’autres passionnés. Difficile de résumer une vie dans le rhum, mais voici quelques extraits qui me semblent marquants (tirés de mes notes personnelles) :
Initialement venue du monde du vin, passionnée du terroir, le destin l’amène à comprendre la richesse des Antilles. C’est aux côtés de Paul Hayot et Andrée Depaz qu’elle tombera amoureuse du rhum, et plus particulièrement des purs jus de canne à sucre.
Elle est connue pour avoir été la première (dès 1980/83), a sélectionner et embouteiller des rhums des Antilles Françaises directement à la source ! Un métier désormais connu sous le nom d’embouteilleur.
Elle nous a fait part de sa fierté d’avoir participé à la mise en lumière du travail de grand producteurs, d’avoir pu apprendre aux côté des plus grands, et elle semble très heureuse de voir d’anciennes distilleries renaitre de leurs cendres.
« Le rhum, ce n’était pas mieux avant » nous dit-elle, louant les progrès récents des rhums blancs (sans vieillissement donc) « il y a 20 ans c’était de l’alcool à bruler ».
Elle elle trouve d’ailleurs que le rhum n’a « aucun intérêt en dessous de 50% ».
Elle prône le gout de la canne avant tout, rit volontiers de la tendance du parcellaire ou des variétés de canne dont « personne ne saurait faire la différence après distillation« .
Entre anecdotes et vérités parfois crues sur certaines distilleries (dont je tairai le nom), elle continue l’éloge des purs jus. Une femme sans concession, pour qui « l’Amérique du Sud c’est la préhistoire » (notamment sur la propreté des établissement et l’hygiène), pour qui le fût de bourbon ne fait que cacher le rhum sous de la vanille, et qui se méfie de l’eau utilisée pour réduire les rhums (ce qu’elle pratique très peu).

Un moment précieux dans mon aventure et ma découverte du monde du rhum je dois l’avouer, ponctué de dégustations de plusieurs cuvées (décrites dans mon article du Wine Paris) – mais vraiment quel plaisir que cet Ile Maurice « Fighting Spirit Green Lagoon » frais et mentholé, ou encore cet ESB L’Or des Caraïbes…
Masterclass Lassalle Baqué !
La distillation ambulante d’Armagnac, ça vous parle ?
Impossible de manquer le passage de Rémi Brocardo, qui continue d’écrire l’histoire qui lui a été transmise il y a quelques années : la distillation ambulante.

Le concept est simple, mais la pratique ardue, et transmise de manière tout à fait artisanale : emmener un alambic armagnacais chez les producteurs de vin du coin, distiller de l’armagnac durant 3-4-5 jours (et nuits). Bien sûr cela comporte son lot d’aléas, de challenge, mais cela permet de produire des cuvées légèrement différentes chaque année, ce qui ajoute aussi du charme aux produits je trouve.
C’est également un métier qui implique souvent de dormir chez l’habitant, de partager des moments de vie inoubliables, durant les 2-3 mois réservés à la distillation chaque année.
Il faut tout de même préciser qu’ils ne sont plus que 4 à pratiquer cet art, à nous de le faire perdurer en déguster ce type de cuvées !

Un bon moment de dégustation passé en masterclass, puis sur le stand, avec une blanche très céréalière, sur la pomme, et la fraicheur notamment, et l’exceptionnel BDF 40 ans à 46.2% autour de beaux fruits rouges, de noix, de cuir, de cacao… excellent, et vraiment pas cher (sous la barre des 150€).
Idéal pour votre prochain cadeau d’anniversaire ? J’y songe !
Les cuvées primées au MVS
Les participants au salon ont pu élire 3 cuvées / distilleries eux-même, principe très cool que je salue !
Parmi les 3 catégories proposées, voici les grands gagnants :
💗 Coup de cœur du salon : la Verveine – De Michelot.
👽 Cuvée la plus surprenante : la distillerie Charbon & ses alcools de sésame.
🎨 Design le plus réussi : La Braise, Breizh Cool X Takumi Spirits.



Remerciements
Encore une fois, je souhaitais remercier Nicolas Petit (Vagabond Spirits) et Marion De Candido (Takumi Spirit’) qui m’ont permis de venir assister à cet évènement (un peu loin de Lille, mais tellement cool que j’y repasserai volontiers une tête), ainsi qu’à toute l’équipe qui a pu les aider, notamment Arnaud au design, Clément au vestiaire & aux masterclass, tous les partenaires (barlabaignoire, thexchangeplatform, morino.club, vinetterre), et bien sur les tous les producteurs, distilleries, artisants qui nous ont régalé ! Merci également à Thomas d’avoir partagé une grande partie du salon à mes côtés, c’est toujours plus sympa entre passionnés !
Liens vers les autres articles relatifs au MVS Lyon :
Partie 1 : lien
Partie 2 : lien
Multi Verres Spirits à Lyon, c’est terminé !
THE JACK DROP – LE BLOG QUI PARLE DE RHUM, MEZCAL & AUTRES SPIRITUEUX – BASÉ À LILLE
Merci d’avoir suivi ce long débrief, j’espère que ca vous donnera envie de passer une tête à Lyon, au salon, chez les différentes distilleries mises en avant… Il y a encore tant à découvrir !