En 2026, Wine Paris & Be Spirits, organisé par Vinexposium, a confirmé son statut de plus grand salon professionnel d’Europe dédié aux vins et spiritueux. Le rendez-vous s’est tenu à Paris Expo Porte de Versailles (où je me dirige actuellement pour être jury au Concours General Agricole) transformé pendant plusieurs jours en véritable capitale mondiale du vin et des spiritueux.
Si Wine Paris reste très B2B, business-oriented, networking intensif… Be Spirits est clairement devenu LE playground des geeks des spiritueux.
L’édition 2026 a franchi un nouveau cap :
- Des milliers d’exposants venus de plus de 50 pays
- Une forte croissance du segment spiritueux
- Des pavillons internationaux élargis (Asie, Amérique latine, Océanie…)
- Un programme dense de masterclasses et conférences stratégiques



Le pôle Be Spirits s’impose désormais comme la plateforme européenne incontournable pour les spiritueux premium, craft et ultra-spécialisés. On sent clairement que le salon investit massivement sur ce segment, reflet de la dynamique mondiale du marché. Mais assez parlé du salon (qui ne m’a refusé l’accréditation presse d’ailleurs cette année, incompréhensible…) parlons plutôt des copains, et des dégustations.
50+ Armagnacs en libre-service 🤯
Oui. Cinquante. En libre-service. Parce que les dans les salons pros, personne ne picole c’est bien connu !
Le Domaine de Danis 1986 était pour moi le sommet du lundi. Aujourd’hui considéré par beaucoup comme l’un des Armagnacs les plus recherchés par les geeks, il combine profondeur, oxydation noble et complexité incroyable, en plus de mes aromes de fruits des bois et de fraise que j’apprécie tant.



J’ai également pu échanger avec pas mal de professionnels sur ce stand, comme les amis des armagnacs Laterrade, ou encore Benjamin Guthmann (encore lui, il est partout), et Alexandre Vingtier.
En dehors de cette zone, j’ai également repassé une tête au stand de L’Encantada où Vincent et Laure proposait quelques nouveautés, gros kiff sur la folle blanche du Domaine de Pouy 2005, puis je suis repassé voir Dartigalongue, dont plusieurs jus venaient d’être primés – pas étonnant me direz-vous 😉.


Masterclass Baijiu – MOUTAI (sauce aroma)
Masterclass animée par l’immense Guillaume De Roany autour du style Sauce Aroma, une vraie masterclass. Frappante : des chiffres vertigineux, et aux arômes si particuliers.
Notes umami & chocolatées au rendez-vous de cette marque qui est la plus grande capitalisation boursière du monde des spiritueux, et propose aussi… la bouteille la plus vendue du monde, ni plus ni moins (merci la démographie chinoise… et le prestige national).



Puissant, structuré, ultra-complexe. On comprend pourquoi le baijiu est un univers à part entière. Merci Guillaume de m’y avoir invité. Comme l’année dernière, j’ai pris ma claque.
Du Rye en France ?
Je vous en parlais en longueur dans ma première chronique pour la newsletter SWAF (à retrouver par ici), mais j’ai évidemment chassé les bons produits Français et le whisky de seigle. J’en ai trouvé de nouveaux chez TOS (l’une des rares distilleries de ma région des hauts-de-france), ainsi qu’au Domaine Des Hautes Glaces avec 2 nouvelles références, en plus d’un Vulsion vieilli. Des références plus abordables et un peu moins atypiques qu’à l’accoutumée.



Hors Rye, j’ai adoré la proposition single-estate et très agricole de Soligny avec son alambic istill si particulier. Il laisse vraiment les céréales respirer, et j’adore. C’est dingue de voir à quel point la distillation française devient technique et pointue. Mentione spéciale pour la cuvée Air de Plaine, Single Cask en fût neuf de bourgogne.
Au passage, ils étaient présent sur le stand d’IQ-Spirits, distributeur à surveiller car le portfolio grossit à vue d’oeil !
Swell De Spirits : l’embouteilleur indé préféré des passionnés ?!
Sorry guys, c’est pas que je suis fanboy, c’est que c’est le stand où tous les vrais passionnés se sont retrouvés. Laurent, Fab, Nadia & bien d’autres étaient venus saluer Mika, Alric & Bruno, et goûter de nouvelles pépites, comme le dernier Cognac Tiffon Lot 19-22 (dont je vous parlais ici), mais aussi la nouvelle liqueur de prune vieillie, celle à l’abricot (toujours sous la marque dédiée « Barbarigo »), et un super Monymusk récemment sold-out.



RDV au Rhum Fest sur le stand ? J’y serai en présence de l’équipe qui me fait à nouveau confiance ! 🙏
Du Rhum des USA & d’Australie
Si je n’ai pas fait tant de stands exotiques que ça, j’ai vu du rhum un peu sur tous les stands, ce qui confirme une belle tendance, avec un marché en croissance aux USA, et des producteurs toujours plus nombreux. Curiosité qui m’attirait également, Cargo Cult qui propose des spiced rums à base de mélasses des Fijis, très cool (et encore mieux, leur rhum Navy non aromatisé).


Mezcal : avalanche de médailles à Puebla
Le mezcal de Puebla représente moins de 1 % de la production totale mexicaine, mais la qualité est dingue. Comme l’année dernière j’ai été subjugué par l’ensemble du stand. Pas fumé du tout, expressifs, avec des arômes fruités, parfois floraux, et une belle minéralité. C’est accompagné de Jade que nous avons suivi avec soin les explications de nos hôtes, 8 bouteilles, 8 réussites : plusieurs médailles au Brussels Spirits Awards — franchement méritées.



Non loin de là, Martha de la Maison Blue Agave qui organise le salon Viva-Agave (j’y serai du lundi), et un super moment aussi avec Luis de Niño Sin Amor. L’énergie de la catégorie agave est incroyable. J’espère voir ça fleurir sur le marché français en 2026. A propos de Niño Sin Amor, un article complet est prévu dans le prochain Agave Chronicles (#4, en avril j’espère).


Au passage, le Rhum Fest Paris aura un corner dédiés à l’agave cette année. Début d’un engouement populaire?
Tequila Barajas : joli projet
La Tequila Barajas a été fondée en 1997 par Gerardo Barajas, qui a décidé de créer sa propre tequila après avoir appris le métier auprès de son collègue et mentor, le célèbre Maestro Tequilero Francisco Alcaraz. Aujourd’hui la marque est portée par la nouvelle génération — notamment Daniel Barajas avec Alexia Strohmeier qui nous ont accueillis sur le stand – juste à côté de Swell de Spirits – immanquable. Ca faisait un moment qu’elles m’intriguaient ses carafes, j’ai donc passé pas mal de temps sur le stand, super accueil, très beau travail.
Une bouteille qui raconte une culture.
Tequila Barajas va au-delà du simple spiritueux : la bouteille elle-même est conçue comme une œuvre d’art, reflet de la culture, de l’artisanat et de l’identité mexicaine. Ce lien étroit entre liquide et design est une signature forte de la marque, qui souhaite faire vivre une expérience sensorielle totale — de l’œil au palais. Chaque flacon est peint à la main par des artisans, souvent pendant plus de 7 heures, et signé par celui qui l’a réalisé.
Si la tequila est plutôt moderne, et actuellement uniquement dispo en version vieillie (reposado, anejo, extra-anejo) une version Blanco est à l’étude, permettant de réutiliser les jolies carafes. J’ai hâte de voir ça 😉
Mention spéciale pour la version mini, je crois qu’il m’en faut une les amis, c’est trop mignon.

LE CHARBON : le premier distillat de sésame au monde
Un an après leur lancement, Le Charbon est toujours là et intrigue les passants du monde entier. Suivre une marque dès le premier batch et voir la progression technique, c’est fascinant ! J’ai plaisir à repasser saluer l’équipe à chaque fois. Pour plus d’infos, rdv sur mon précédent article de février 2025.


Profil grillé, huileux, texturé. OVNI total. N’hésitez pas à tenter l’expérience au plus vite !
Pegasus & la vodka à la météorite 😅
Au cœur de la Bourgogne, à Meursault, la petite distillerie française essaie de bousculer le monde des spiritueux ! Pegasus Distillerie proposait un stand immanquable, à la fois chic, flashy, et fun. Une vraie bonne ambiance communicative qui a attiré du monde. Mais ne vous arrêtez pas au côté « marketing » (comme j’ai entendu parfois dans les allées), la jeune maison se veut très premium et puise sa force entre terroir local, techniques de distillation modernes et créativité débridée.


Si je ne ferai pas toute une histoire de la Vodka Shooting Star, infusée dans une amphore avec un fragment de météorite – fun, mais pas du tout à mon goût, j’ai vraiment apprécié les gins & liqueurs (Eau d’or, Minty liqueur), d’une finesse imparable. Pas impossible qu’une belle carafe aux agrumes débarque à la cave d’ailleurs.
Remerciement particulier à Jules qui a pris le temps de tout nous expliquer en détail – il arrivait pourtant de sacrés clients, puisque j’étais accompagné de l’inaltérable Fab, un vrai moment entre copains.
A retenir également
Sans y revenir en détail, faute de temps principalement, vous ne serez pas surpris de savoir que le pavillon du distributeur Premium Craft Spirits était plein à craquer, et offrait une super expérience. De la vodka, du mezcal, plein de nouveaux produits français, les rhums Saint-James, et 3 nouveaux formats 70cl avec de nouvelles recettes chez Carnival Sun Juice!
J’ai passé un peu de temps côté vin italien, et je vous confirme mon amour pour l’Amarone della Valpolicella ❤️.



J’ai revu mon amie Mariya chez Nardini, et ses liqueurs de Cedra sont au top, en plus de proposer un bel Amaro, et d’autres Grappas de qualité. Carrément différent, mais j’ai aussi beaucoup aimé cette liqueur de Pandan « recette de la grand-mère » proposé par Bandong.
Côté whisky, je me suis bien éclaté chez Kinglassie avec le RAW Edition Peated 2017, et chez Meikle Toir, gamme tourbée de GlenAllachie (un whisky au RQP quasi imbattable, surtout le 12 ans).

Enfin, parmi les nombreux médaillés du CMB, on retrouvait également notre famille Pasquet préférée. Surpris ? non ? moi non plus, c’est amplement mérité.
Ce que Wine Paris 2026 confirme
- Le segment spiritueux est stratégique pour l’Europe
- Le whisky français est en train d’exploser qualitativement
- L’agave (tequila & mezcal) continue son ascension premium
- L’Asie pèse de plus en plus lourd
- Les indépendants sont devenus des acteurs centraux
Be Spirits n’est plus un “corner spiritueux”. C’est un salon dans le salon.
Revue du salon Wine Paris et Be Spirits 2026 – rhum, whiskys français, liqueurs, météorites, et surtout les copains. Un excellent moment, comme l’année dernière, où mon cœur a fortement balancé entre l’armagnac et le mezcal de Puebla. See you in 2027.
THE JACK DROP – LE BLOG QUI PARLE DE RHUM, MEZCAL & AUTRES SPIRITUEUX – BASÉ À LILLE
